Jardin médiéval imaginaire
Crédit photos : Musée de Salagon
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Les plantes de ce jardin imaginaire représentent les différentes parties d'un jardin médiéval symbolique : jardin des plantes magiques, jardin des plantes médicinales, jardin des plantes textiles, jardin des condiments, jardin des légumes secs et légumes verts, jardin des plantes aromatiques.
Ce jardin symbolique a été créé avec des photos du jardin médiéval de Salagon, conçu par Pierre Lieutaghi pour le Musée-Conservatoire ethnologique de Haute-Provence, situé à Mane près de Forcalquier.
Souvent, le texte sur chaque plante s'inspire des livres de Pierre Lieutaghi (Jardin des savoirs, jardin d'histoire et Le livre des Bonnes Herbes) et les citations proviennent du Platéarius, le livre des simples médecines.
Jardin des plantes aromatiques
Les mésopotamiens utilisaient coriandre, aneth, menthe et rue. La cuisine romaine emploie en abondance les herbes aromatiques et n'utilise que quelques épices (poivre, gingembre). La gastronomie médiévale emploie beaucoup d'épices et peu d'herbes aromatiques (mais 11 variétés dans le jardin du Ménagier de Paris). On diminue les épices et on redécouvre les herbes à partir du 17e siècle (qui a inventé le bouquet garni sous sa forme actuelle).
Maître Chiquart en 1420 n'emploie que safran, marjolaine, sauge, persil et hysope (ces 4 dernières parfois mises en bûchette, l'ancêtre du bouquet garni) alors que Lancelot de Casteau en 1604 utilise en plus anis, basilic, cerfeuil, fenouil, coriandre, laurier et romarin. Seuls le Liber de Coquina et le Tractatus de Modo emploient beaucoup d'aromates indigènes. Les élites pensent que les épices, venant d'Orient, sont plus efficaces que les plantes aromatiques locales, épices du pauvre.
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Jardin des condiments
Les plantes condimentaires sont les épices du pauvre. Plantes indigènes, elles ont moins de valeur, pour les élites, que les épices venues d'Orient : le Ménagier de Paris ne cultive aucune plante condimentaire dans son jardin.
Mais la moutarde, l'ail, le cresson alénois et la ciboule figurent dans des recettes de gastronomie médiévale. La rue, le raifort et le radis noir sont généralement utilisés en remplacement de la moutarde dans les repas de tous les jours.
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Jardin des plantes textiles
Pour s'habiller, les européens du Moyen Age disposaient de tissus de fibres textiles, lin, coton (Inde) et animales, laine des moutons, soie du ver à soie (Chine). Aux foires de Champagne, marchands italiens et drapiers flamands échangeaient étoffes de laine contre épices et draps de soie.
Le monopole chinois du ver à soie s'arrête vers le 6e et le 7e siècle. La soie est fabriquée au Moyen Age en Sicile et Andalousie arabe avant de se diffuser en Italie, puis en France. Lyon devient capitale de la soie au 17e siècle.
Pour teindre les tissus, on disposait de colorants d'origine végétale (pastel ou garance, lichens mais aussi oignon ou bouleau) et, plus coûteux, d'origine animale (kermès, sèche, murex).
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Jardin des légumes secs
Les légumes secs sont des fruits de plantes de la famille des légumineuses. On cueille les gousses qu'on ouvre pour trouver les graines. On fait sécher ces graines pour les conserver. A notre époque moderne, toujours pressée, on néglige les légumes secs, car il faut souvent les faire tremper pour les réhydrater avant une cuisson assez longue. Mais dans les siècles passés où la conservation des aliments était un grand avantage, les légumes secs étaient la base de la nourriture des classes populaires, en dehors du pain. Les classes aisées consommaient surtout pois et fèves, se méfiant des légumes secs.
En latin, le mot legumen désigne toute graine renfermée dans une gousse. C'est l'étymologie du mot légume : le légume sec est le légume par excellence au Moyen Age.
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Jardin des plantes magiques
Fortement combattue par la pensée religieuse de l'Eglise, la pensée magique est très présente au Moyen Age. Rappelons cependant que la chasse aux sorcières (16e - 17e siècle) n'est pas médiévale. Les savants et les médecins sont pris en étau entre ces deux perceptions du monde et ont bien du mal à proposer un discours rationnel. Platéarius dans son Livre de Simples Médecines parle des effets médicaux des plantes. Mais certaines d'entre elles sont utilisées pour la magie blanche ou la magie noire. Les superstitions concernent aussi bien de modestes légumes du jardin sensés protéger de la foudre (le poireau) ou des mauvais esprits (l'ail, le fenouil) que des plantes aux effets hallucinogènes vérifiés (jusquiame, pavot).
Nous avons sélectionné 6 plantes à forte valeur magique, issues du jardin secret médiéval.
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Jardin des plantes médicinales
Les plantes-remèdes de la pharmacopée médiévale sont issues d'un savoir intuitif et empirique qui se mélange aux superstitions populaires. Les plantes sont utilisées seules (simple médecine de Platéarius) ou en associations avec d'autres plantes, des épices voire des minéraux (médecine composée de l'Antidotaire Nicolas). Les plantes sont prescrites par le médecin, l'apothicaire, l'herboriste ou le chirurgien barbier. De nombreuses guérisseuses connaissent aussi l'emploi des plantes qui guérissent.
Les remèdes portent la signature du mal ou de la partie du corps auxquels ils sont destinés (Pierre Lieutaghi). On croit à l'analogie entre particularités des végétaux et manifestations de la maladie : la pulmonaire, plante aux feuilles tachées de blanc, soigne le poumon.
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